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La fatigue s’est installée, comme la nuit.

Un simple geste, un souvenir, nous épuise.

Les phrases s’inscrivent sur le sable,

Nous ne les lisons plus, avec la marée, elles s’effacent.

 

Nous nous déplaçons, cela nous étonne.

Nous rêvons d’archipels ignorés, de terres rares, de destinations possibles.

Nos errances dessinent un monde inconnu,

Celui que nous ne voulions pas connaître.

 

Les machines nous démontent,

Nous sommes seuls et cela nous convient.

Dans le délaissement de nos souvenirs,

L’instant nous enferme et nous informe de l’utilité de nos pas.

 

Nous nous déplaçons, et nous délaissons le monde.

Cela nous étonne, nous flottons dans la matinée tranquille.

Le temps a remplacé la surface, le chemin n’est plus le même.

L’errance mesure la probabilité d’une indifférence possible.

 

Avec le temps nous réalisons qu’il ne reste rien.

Nous redevenons les amants singuliers de notre vie.

Le passé nous ignore, le présent semble peu fiable.

Notre solitude est devenue maintenant quotidienne.

 

Nous occupons le silence et le temps, nous avançons, nous dérivons.

Nous n’avons pas de projet, plus d’histoire, aucune stratégie.

Nous écoutons le silence des oiseaux et n’entendons rien,

La valeur d’usage des images s’absente dans un lieu œuvré difficile à commenter.

 

C’est ainsi, et cet ainsi est devenu le notre.

Un espace ou le temps se tasse, sans propositions.

Une nouvelle topographie se met en place, le territoire dérive.

Nous somme seul, sans possibilité, sans présence présente.

 

L’absence est devenu l’opportunité de fabriquer des lieux.

Lieux qui n’abriteront aucune présence, aucune résistance.

Notre vie est redevenu une nécessaire nécessité,

Une reconnaissance de souvenirs figés.

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