Régulièrement depuis plusieurs années je plante des fleurs et sans intentions esthétiques particulières les photographie avec mon téléphone portable. Ces images sont à l’origine de peintures à l’huile de grands formats composées de châssis de différentes tailles. L’ensemble oscille entre figuration et abstraction s’éloignant au fur et à mesure de l’avancé du travail du modèle initial. Pourquoi les fleurs ? Pourquoi elles ? Pourquoi pas. Entre les fleurs jardinées, les fleurs déposées et une perception du temps s’installent de vagues possibilités, d’improbables temporalités. Le froid venant les fleurs se terrent, la mémoire devient une surface que j’organise et contemple. La présence d’une absence s’installe et se donne à voir. L’ensemble de ces poly-tiques accompagnés de textes qui ne sont pas des commentaires des peintures organisent le temps qui passe. A quel temps appartiennent ces fleurs et mes préoccupations ? Je ne saurais le dire, simplement ce temps passe. De la même façon que je n’accroche que très rarement de peintures dans mon intérieur, il est exceptionnel que je cueille une fleur. Elles sont ainsi faites pour être là ou elle apparaissent et disparaissent. Pour les peintures entre l’espace privé de l’atelier et la présentation publique de l’exposition la même problématique se pose . Les fleurs sont ces couleurs que je regarde longuement, des couleurs qui timidement éclosent,s’exposent, explosent, se donnent à voir, se reposent, fanent et disparaissent. Restent le souvenir de nombreuses taches colorées qui brièvement le temps d’une ou plusieurs saison nous accompagnent. Les fleurs entretiennent avec mes peintures, la peinture, de curieuses similitudes. Répétitions, effacement, recouvrement, parfum, regards, coupe, reproduction, exposition, présence…
